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Le Burn-Out est une chance. Mais WTF?

S’il y a bien une phrase que j’ai détestée lire ou entendre pendant mon burn-out, c’était: ‘Le burn out est une chance.´


Du fond de mon lit, rien n’est positif dans le burn out. On se sent triste, vide, constamment fatigué; on ne se reconnaît pas. Les autres ne nous reconnaissent pas. Nos repères ont explosé et on se sent coupable. Alors non, rien ne peut être positif .


Et puis il arrive un jour où un déclic s’est fait. Le premier d'une longue série. J’etais en arrêt maladie depuis 3-4 mois, je m’étais plongée à corps perdu dans la céramique en achetant un tour. J'y passais parfoit 2-3 heures par jour. Je pensais avoir trouvé mon salut.


Ce matin-là,déjà épuisée au réveil, le corps si lourd, cette voix dans ma tête ne cessait de me harceler :’Allez lève-toi. Tu pourrais au moins lire un magazine.’ Rien. ‘Bon prends une douche au minimum. Ensuite tu pourrais faire à manger. Peut être préparer des gaufres pour les enfants.´ Toujours rien. ‘Bon va au moins faire de la poterie.´ Généralement à ces mots là, mon cœur se réveillait et s’agitait en espérant que j’allais me lever et descendre faire des pots. Et parfois j’y arrivais. Parfois je me traînais en pyjama jusque dans la cave et je m’y activais une ou deux heures. Mais la plupart des jours rien ne se produisait. Mon corps me pesait et refusait de faire le moindre effort. Comme ce matin-là. Ma coach me parlait despuis des semaines d’avoir la tête, le cœur et le corps aligné. Je disais oui en bonne élève, mais je n’y comprenais rien. Ces concepts étaient tellement étrangers.


Et ce matin-là, un coin du voile s'est levé. Ce matin-là, quand mon corps refusait clairement et catégoriquement de faire ce que ma tête et mon cœur lui demandait, j’ai enfin eu cette révélation que jamais je n’oublierais. Celle que ma tête s'était emparée de moi. J'étais une tête sur pied, Et elle avait pris le contrôle de ma vie, depuis bien trop longtemps et que je la laissais faire, parce qu’on m’avait appris que la raison est la meilleure conseillère. Et pour peu que ce soit quelque chose que j’aime faire, et que mon cœur suive ma tête, je m’y plonge à 200%.


Alors ce matin-là, dans la chaleur de mes draps et avec toute la rage du monde. J’ai dit tout haut à ma tête/raison: ‘TA GUEULE. Laisse-moi. Tu m’emmerdes!’

A mesure que je prononçais ces mots, à mesure qu'ils resonnaient dans la chambre, avec toute l'absurdité de la situation, je les entendais, ma tête les entendait et ils devenaient vérité. Dire ces mots à voix haute a été une délivrance. D'alleurs, je me rends compte avec du recul que j’ai toujours eu besoin de me dire tout haut mes décisions importantes pour réaliser que j’avais pris la décision.


Alors ce matin-là, sans aucun apitoiement ni culpabilité pour la première fois en 4 mois d’arrêt maladie, j’ai décidé d’écouter mon corps. Ce corps sans qui on n’est rien. Ce corps que j’avais négligé, que je n’avais pas respecté, ce corps que j’avais instrumenté, et qui me servait tel un esclave. Ce corps qui s’était rebellé. Qui me parlait depuis des années et que je n’écoutais pas: capsulite, déplacements de vertèbres à répétition, infections aux diverses et j’en passe.


Alors depuis ce matin-là, ce fut un long chemin d’apprentissage pour écouter le bruissement de cette voix du corps. Car elle est inaudible. Elle prend la forme de maux et non de mots. Quand j’ai mal au dos, c’est que je suis stressée, ou fatiguée ou les deux. Et il ne s’agit pas de complaisance. Il s’agit d’information. Alors je me détache et je regarde ce qui se passe dans ma vie. Très souvent je réalise qu’il y a eu des pre signes que j’ai ignorés. Ils sont les petits cailloux dHansel et Gretel. Ils forment un ensemble cohérent et sont reliés les uns aux autres pour peu qu’on les voit.


Mais même encore maintenant, j'ai parfois envie de les ignorer. Parce que je n’ai pas été élevée comme ça et que par conséquent je dois me radicalement changer mes schémas de pensée et que c’est long, que c’est lent et aussi tellement enrichissant.


Depuis 2 ans maintenant que je suis sortie de ce burn-out, je peux enfin dire que Oui, un Burn-Out peut être la chance de tout recommencer. J’ai ralenti la cadence, j’ai appris mes limites et que la vie est un marathon, pas un sprint. Si aujourd’hui je ne finis pas ce que j’ai commencé, c’est ainsi. Je ne veux plus vivre dans l’urgence. Demain est un autre jour, après-demain aussi.


La seule chose que je ne remets pas à demain, c’est ma santé et mon bien-être. Rien ne justifie de sacrifier cela. Ni la société, ni l’éducation, ni mon ego.




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