Mon opération de l’hallux valgus : 6 semaines post-op
- potterywithsoul
- 12 mai
- 4 min de lecture

C'est une opération qui m'a fait peur pendant longtemps. Mais j'ai enfin décidé de me faire opérer et dans une précédente publication, je vous ai parlé de la gestion de la douleur durant les 3 semaines post-op.
Ici je vous parle des semaines 3-6 en terme de revalidation et comment la mobilité revient. C'est effectivement important de comprendre la progression afin de ne pas se décourager car oui, c'est long et lent.
Mais c'est aussi encourageant de voir les petits progrès chaque jour presque.
Semaine 4-5
Le moment où l’on se sent mieux… et où il faut rester raisonnable.

Entre la troisième et la sixième semaine, il y a un vrai tournant. C’est probablement la période la plus “piégeuse” de toute la récupération, parce qu’on commence enfin à se sentir mieux. La douleur diminue nettement, on retrouve de l’énergie, on remarche davantage, et mentalement, on a envie de reprendre une vie normale.
Mais le pied, lui, est encore en train de guérir.
C’est quelque chose que j’ai vraiment compris au fil des semaines : le fait d’avoir moins mal ne veut pas dire que tout est réparé. Les tissus continuent à cicatriser, l’os consolide, le pied reste inflammatoire et très sensible à la surcharge.
Et le moindre excès se ressent assez vite.
Personnellement, j’ai remarqué que dès que je passais un peu trop de temps debout ou que je marchais davantage, le pied regonflait presque immédiatement. Pas forcément avec une énorme douleur, mais avec une sensation de pression, de chaleur, de fatigue du pied. Comme un rappel très clair qu’il fallait ralentir.
Le repos reste donc extrêmement important pendant cette période, ce qui peut être frustrant.
Au début, je pensais qu’après les deux premières semaines “les plus dures”, le reste serait assez linéaire. En réalité, la récupération fonctionne beaucoup par équilibre :
faire un peu plus,
observer la réaction du pied,
puis ajuster.
Il faut accepter d’y aller progressivement, même quand on se sent capable d’en faire davantage.

La cicatrice est bien guérie, la peau est très séche et les cors éventuels dûs à l'hallux valgus s'estompent avec la cicatrisation. J'ai appliqué la crème Cicaplast de La Roche-Posay en massage doux 1-2 fois par jour.
Réapprendre à marcher normalement
C’est aussi le moment où l’on recommence à marcher plus naturellement. Et là encore, il faut laisser le corps retrouver ses repères. Après des mois — voire des années — à compenser la douleur et à marcher différemment, tout ne redevient pas automatique du jour au lendemain.
On réalise aussi que tout le corps a été impacté : posture, bassin, dos, façon de poser le pied… Il y a une vraie phase de réadaptation.
Le sujet dont on parle peu : le chaussage

Un autre point auquel je ne m’attendais pas vraiment : le chaussage reste compliqué pendant plusieurs semaines.
À ce stade, porter de vraies chaussures n’est généralement pas encore possible. Le pied reste gonflé, sensible, et comprimé très rapidement.
La plupart du temps, on alterne entre la chaussure orthopédique post-opératoire et des chaussons ou chaussures très larges à la maison.
Et honnêtement, cette période est parfois inconfortable pour tout le reste du corps.
La chaussure orthopédique a une semelle beaucoup plus haute et rigide qu’un chausson classique. Cette différence de hauteur crée un déséquilibre quand on marche, surtout si on passe beaucoup de temps debout.
Dans mon cas, cela a entraîné des douleurs de dos et des tensions dans la hanche assez rapidement. Rien de dramatique, mais suffisamment présent pour comprendre que le corps entier compense.
Là aussi, il faut être patiente et limiter les déplacements inutiles.
Une fatigue plus importante qu’on l’imagine et des nuits parfois compliquées
J’ai aussi réalisé à quel point l’énergie générale met du temps à revenir complètement.
Même si extérieurement on semble “remise”, le corps dépense énormément d’énergie pour cicatriser. Certaines journées étaient très bonnes, puis le lendemain je ressentais une énorme fatigue après avoir simplement trop marché la veille. Les nuits ne sont pas non plus parfaites liées à la sensibilité toujours importante : par exemple j'ai commencé à remettre mon pied sous la couette à la 6ème semaine, rien que le poids était trop important jusque là.
Cette récupération demande finalement beaucoup plus de patience que de courage.
Ce que je retiens de cette phase
Ce que je retiens surtout de cette période, c’est que vouloir aller trop vite ne fait pas gagner du temps. Au contraire, chaque excès ralentit la récupération.
Semaine 6 : un net déblocage dans l’articulation
Un vrai tournant dans ma récupération.

Jusqu’ici, même si les progrès étaient constants, le gros orteil restait assez raide et le pied encore “protégé” dans sa façon de bouger. Puis, assez soudainement, j’ai senti un net déblocage au niveau de l’articulation.
Lors du contrôle, l’amplitude atteignait environ 40 degrés, ce qui est considéré comme suffisant pour retrouver une marche fonctionnelle et quasi fluide au quotidien.
C’est difficile à expliquer tant qu’on ne le vit pas, mais on sent vraiment une différence : le déroulé du pied devient plus naturel, la marche demande moins de compensation, et le corps entier paraît plus relâché.
Cela ne veut pas dire que tout est revenu à la normale. Le pied reste sensible, gonfle encore facilement et manque de souplesse fine. Certaines chaussures restent impossibles à porter et les longues journées sont encore fatigantes.
Mais pour la première fois depuis l’opération, j’ai eu la sensation de sortir réellement de la phase post-opératoire pour entrer dans une phase de récupération plus “active”. Il est désormais possible de conduire - des courts trajets cependant.
C’est donc un moment encourageant mentalement, parce qu’on commence à percevoir concrètement le résultat et les bénéfices futurs de l’opération.

Je vous ferais un retour sur le prochain mois car apparemment après 3 mois, c'est encore une autre étape - à suivre donc !
Et surtout n'hésitez pas à poser des questions sous l'article, je vous répondrai avec plaisir.
Portez-vous bien,
Rozenn




Commentaires