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Que faire quand nos peurs nous freinent ?

Deux choses nous empêchent d'avancer généralement : nos rêves et nos peurs. Nos rêves, car ils ne se révèleraient peut-être pas à la hauteur de nos espoirs. Nos peurs, car elles se mettent en travers de notre chemin, nous empêchant d'avance.


Entre rêves et peurs, l'immobilité comme rempart


Avec le désir d'avoir une 'chambre à moi', venait le besoin de le financer.

Avec le désir de vendre mes pièces, venait le devoir d'avoir un numéro de TVA.


Mais sans action, un désir n'est qu'un rêve.


Le rêve de ne faire que de la poterie.

Le rêve d'avoir un lieu à moi.

Le rêve de n'avoir de comptes à rendre à personne, sauf à moi.

Le rêve de choisir mes horaires.

Le rêve de choisir mes interlocuteurs : qui je vois, à qui je parle, qui je rencontre.

Le rêve de n'avoir jamais à retourner dans mon ancien job après mon arrêt maladie.

Le rêve d'une success story.


C'est aussi léger que les nuages que je voyais défiler par mon Velux, quand ma seule activité se résumait à ouvrir et fermer les yeux. C'est aussi confortable que le vieux pyjama dans lequel je passais mes journées. C'est donc resté enfoui aussi longtemps que je suis restée enfouie sous ma couette.


Mais qu'est-ce qui m'empêchait de me lancer, à part une énorme fatigue  ? Mes peurs, tout simplement.

La peur de l'inconnu.

La peur de ne pas pouvoir physiquement.

La peur d'être déçue.

La peur de manquer d'argent.

La peur de l'échec.


Bien des mois plus tard, après avoir dormi et dormi encore, après en avoir parlé à mon conjoint, à ma thérapeute, on a détricoté tout ce petit monde dans ma tête pour établir un plan d'action.


La peur de l'inconnu

  • Se renseigner

Venant d'une famille de fonctionnaire où, si entrepreneuriat n'est pas un gros mot, c'est un mot derrière lequel on met toutes ses peurs uniquement parce qu'on n'y connait rien : 'On prend des risques pour gagner le maximum d'argent'. 'C'est un monde de requins'. 'Il n'y a aucune sécurité'. Mais à part ces idées préconçues, rien de concret autour de quoi, comment, qui, etc. C'était donc crucial de me renseigner au maximum et surtout de reconnaître mes peurs et de les encadrer. J'ai d'abord lu beaucoup sur Internet, j'ai assisté à une journée d'information gratuite aussi auprès d'un organisme d'aide, le but étant de comprendre quel engagement je prenais en m'enregistrant comme Entreprise.


Quand j'ai compris que le seul engagement était financier, à combien allait-il se chiffrer ? Là encore, les données sont disponibles généralement sur Internet et m'ont permis de mettre des chiffres réels sur mon rêve.

  • Se faire aider

Enfin, pour moi, ayant fait des études littéraires et en communication, l'aspect comptable me terrorisait. Peur d'oublier d'envoyer des informations, peur de faire des erreurs, peur du temps à y consacrer. Là encore, j'ai pris des conseils pour choisir le régime le moins contraignant pour une meilleure gestion de mon stress. J'ai aussi opté pour un comptable qui se charge de cet aspect-là afin que je dorme sur mes deux oreilles !

  • Décomposer en série de petites étapes.

Ne pas vouloir tout faire en même temps. Sinon, on tombe à nouveau dans l'immobilisme. Prendre le temps de regarder le chemin accompli, à notre rythme et en apprenant au fur et à mesure que l'on fait, c'est rassurant.


La peur de manquer d'argent


Quand on s'engage à payer des charges régulières, comme un loyer, des charges, des cotisations sociales, etc., le stress de ne pas pouvoir générer suffisamment de rentrées financières peut encore une fois nous pousser à la paralysie, plutôt qu'à l'action.

  • Faire un prévisionnel du minimum dont on a besoin : lister les impondérables. Pour moi, le matériel de céramique, les matières premières, l'électricité pour les cuissons, le site internet et les frais connexes. Une fois ce tableau fait, on arrive mieux à voir combien on doit produire, vendre pour arriver à l'équilibre. Au départ de mon activité, mon objectif était de rentrer dans mes frais, et de pouvoir me payer une ou deux formations en céramique par an.

  • Avoir une petite réserve de fonds propres que vous êtes disposé à investir : si vous-même n'y croyez pas assez pour investir un peu d'argent, personne d'autre ne le fera. Cette réserve vous permet de vous dire qu'en cas de coups durs, vous avez un petit coussin de sécurité. Cette réserve m'a bien servi durant la Covid, quand les cours étaient supprimés, mais que je devais toujours payer mon loyer.

  • Faire des choix judicieux : comprendre le modèle économique le plus stable, le plus rentable, le moins fatiguant. Il faut trouver les critères qui nous conviennent et ensuite prendre des actions en conséquences. Je me suis rendue compte que les petites pièces sont assez peu rentables en termes de revenu, mais qu'elles me permettent d'optimiser mon four, en comblant des trous sur les étagères. Par conséquent, j'ai toujours des petites pièces à mettre dans mon four, de grandes pièces et comme ça, j'optimise le prix de revient de mes cuissons et donc mes petites pièces sont suffisamment rentables maintenant.


La peur de ne pas réussir

  • Ma plus grosse peur était de ne pas vendre. Normal, l'argent, c'est le nerf de la guerre. Si on ne rentre pas d'argent, l'affaire tombe. Mais pour moi, ce n'était même pas financier. C'était me dire que les gens n'aiment pas mes produits. Et par conséquent la peur d'être rejetée. Une fois que j'avais identifié cela, j'ai pu me détacher des échecs, et en tirer des conclusions logiques, non émotionnelles, par exemple : je n'ai pas ciblé le bon public. Je n'ai pas suffisamment communiqué. Ce n'est pas le bon moment de l'année, etc.

  • L'autre peur était liée à ma peur d'être jugée. La culture de l'échec n'existe pas vraiment en Europe. Quand on entreprend, on doit réussir. Alors, m'essayer à quelque chose tellement différent, me mettait une énorme pression. Donc au départ, je n'ai pas trop partagé, juste auprès de mon cercle très proche. Ça m'a permis de vivre mes premiers pas tranquillement.

  • Célébrer les victoires. On a tendance à toujours les considérer comme normales, ces petites victoires. Mais non, soyons bienveillant avec nous. Une fois par mois, je fais le bilan de mes activités et je note mes succès en rose et avec des paillettes dorées dans un carnet dédié.

  • Éviter de se comparer. Le dernier conseil est de ne pas regarder ce que font les autres et comparer leur succès au vôtre. D'abord, vos circonstances sont différentes, vos objectifs sont autres. Ensuite, ce n'est par toujours la réalité si vous regardez ça sur Instagram. J'ai personnellement arrêté de suivre beaucoup de comptes de céramistes vers 2021, car j'étais tellement frustrée de ne pas avoir leur évolution. Elles postaient tous les jours, leurs photos étaient léchées, leur nombre d'abonnés grimpaient de façon exponentielle. Bref, tout pour me décourager, moi qui avançais si lentement. Ça a été très bénéfique pour ma santé mentale, et j'ai pu me reconnecter à qui j'étais et à mon rythme personnel.



L'action comme meilleur antidote


C'est à cette date que j'ai inscrit ma petite entreprise au Guichet des Entreprises, un an et demi après le premier jour de mon arrêt maladie. Le 1er février 2020, j'ai reçu un numéro d'entreprise, des papiers à remplir et mes premières factures à payer. Quel bonheur, une pointe d'appréhension, mais surtout quelle fierté !


Alors que j'étais une personne passionnée, décidée, le harcèlement que j'avais subi au travail m'avait transformée. J'étais devenue cette personne en permanence à fleur de peau, incapable d'oser quoi que ce soit et dont les relations sociales étaient réduites à néant, car la moindre parole me faisait peur.


Avec du recul, je me rends compte maintenant que cette succession d'actions me permettait de renouer avec moi, avec la personne audacieuse que j'avais été 20 ans auparavant lorsque j'avais tout quitté pour venir à Bruxelles.


J'avais accompli cet exploit toute seule. J'avais transformé mon rêve en réalité. Évidemment, je ne vendais rien encore, ou si peu, juste à quelques amis et connaissances. Mais ce n'était pas si important. L'important était que j'avais posé la première pierre qui me permettait d'envisager la suite.

 

Pour conclure


  1. Identifier nos freins : comprendre comment nous fonctionnons, est un gain de temps important pour la suite. Cela nous évite de prendre des chemins de traverse, de procrastiner, de faire des choix douteux. C'est souvent plus facile de faire ce travail accompagné par un coach que tout seul.

  2. Éviter de se comparer. Le dernier conseil est de ne pas regarder ce que font les autres et comparer leur succès au vôtre. D'abord, vos circonstances sont différentes, vos objectifs sont uniques. Ensuite, ce n'est par toujours la réalité si vous regardez ça sur Instagram. J'ai personnellement arrêté de suivre beaucoup de comptes de céramistes vers 2021, car j'étais tellement frustrée de ne pas avoir leur évolution. Elles postaient tous les jours, leurs photos étaient léchées, leur nombre d'abonnés grimpaient de façon exponentielle. Bref, tout pour me décourager, moi qui avançais si lentement. Ça a été très bénéfique pour ma santé mentale, et j'ai pu me reconnecter à qui j'étais et à mon rythme personnel.

  3. Oser mettre des chiffres : En tant que personne créative, c'est généralement un sujet qu'on évite. On est souvent mal à l'aise, mais surtout ça veut dire qu'on va devoir mettre un prix sur nos produits. Et ça, c'est vraiment compliqué. Regarder la réalité numérique en face permet de chiffrer nos créations et par conséquent établir un modèle économique. Je ne l'ai pas fait les deux premières années, et cela m'a beaucoup desservi ! C'est un passage obligé pour tenir dans la durée.

 

Prochain article : Salariée et Indépendante, comment concilier les deux ?










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